Parlons RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) …

RSE, ESG, CSRD, … autant d’acronymes devenus courants dès que l’on évoque ce qui a longtemps été appelé le « développement durable ».
Alors, voici un aperçu de quelques sujets qui seront traités sur ce site.
La Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE), c’est quoi ?
La Responsabilité Sociétale des Entreprises (quelquefois également appelée Responsabilité Sociale des Entreprises) est définie par la commission européenne comme la responsabilité d’une entreprise vis-à-vis des effets qu'elle exerce sur la société. Autrement dit, la RSE désigne la contribution de l’entreprise aux enjeux du développement durable. Une entreprise qui pratique la RSE va donc chercher à avoir un impact positif sur la société tout en étant économiquement viable.
La RSE, c’est donc l’ensemble des pratiques qu’une entreprise met en œuvre pour intégrer les préoccupations sociales, environnementales et économiques dans ses activités et dans ses relations avec ses collaborateurs, ses clients et ses fournisseurs.
Vous trouverez également la terminologie « Responsabilité Sociale des Entreprises », héritée des premiers temps de la RSE (années 50). Ce n’est qu’en 2006 qu’est apparu le terme « sociétal ».
La contribution de chacun …
Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés observaient impuissants le désastre.
Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit :
« Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! »
Et le colibri lui répondit : « Je le sais, mais je fais ma part. »
Pierre Rabhi, d’après une légende Amérindienne.

Norme SA 8000

La norme SA 8000 a été lancée en 1997 par le Council on Economic Priorities (CEP, organisation américaine à but non lucratif, devenue depuis la SAI, Social Accountability International).). Elle se veut une réponse à la multiplication des normes et des standards existants sur le marché. Elle est basée sur les conventions internationales de l’OIT, la déclaration universelle des droits de l’homme (ONU) et la Convention internationale des droits de l'enfant.
La norme SA 8000 est certifiable. La certification est accordée pour 3 ans avec des audits de suivi tous les 6 mois afin de tenir compte des évolutions de l’entreprise inscrite dans une démarche « d’amélioration continue », mais également des éventuelles évolutions de la norme. La certification SA 8000 est délivrée par organismes accrédités par SAI.
La certification SA 8000 se concentre sur les droits et les conditions de travail des travailleurs ; à ce titre, elle est organisée selon les thématiques suivantes :
- Travail des enfants
- Travail forcé
- Hygiène et sécurité
- Liberté d’association
- Discrimination
- Pratiques disciplinaires
- Temps de travail
- Rémunérations
Un dernier thème « Système de gestion » concerne le système de management mis en œuvre pour garantir le bon fonctionnement.
Depuis 2023, SAI travaille sur une révision de la norme portant notamment sur le travail décent. La publication finale est annoncée pour fin 2025.
Norme ISO 26000

Alors que la certification SA 8000 se concentre sur les droits et les conditions de travail des travailleurs, la certification ISO 26000, parue en 2010, intègre des sujets démontrant une volonté sociétale élargie de développement durable inscrite dans la stratégie d'une entreprise.
La norme ISO 26000 n’est pas certifiable. Elle donne des lignes directrices mais n’impose aucune exigence. Son objectif est de clarifier la notion de responsabilité sociétale et de donner des pistes à l’entreprise pour associer des pratiques concrètes aux principes.
Depuis sa parution en 2010, la norme ISO 26000 est régulièrement revue, signe que le sujet de la RSE est en constante évolution et n’a pas atteint un stade de maturité. La version 2010 reste d’actualité ; elle a été re-validée pour la dernière fois en 2025.
La norme ISO 26000 s’articule autour de 7 questions centrales :
- Gouvernance de la structure
- Droits humains
- Conditions et relations de travail
- Responsabilité environnementale
- Loyauté des pratiques
- Consommation et protection du consommateur
- Communautés et développement local

Pacte mondial ONU
Le Pacte Mondial, programme de l’ONU lancé en janvier 2000 lors du Forum économique mondial par Kofi Annan, est pour sa part un code de conduite qui comprend 10 principes que les entreprises doivent s’engager à respecter, dans les domaines des droits de l’homme, du droit du travail, de l’environnement et de la lutte contre la corruption.
Le Pacte Mondial encourage les entreprises à atteindre les 17 Objectifs de développement durable (ODD), en travaillant à mettre en œuvre des écosystèmes plus responsables et favorisant le changement.
En 2025, en France, ce sont plus de 2100 entreprises, à 60% des PME, qui adhèrent au Pacte Mondial.
Les labels RSE

Le label ECOVADIS, créé en 2007, permet à l’entreprise de soumettre ses partenaires majeurs à une évaluation complète de ses performances RSE.
Le label s’articule autour de 7 indicateurs de management répartis en 21 critères dans les thématiques suivantes :
- Environnement
- Social et droits humains
- Ethique
- Achats responsables
ECOVADIS délivre une notation qui permet à l’entreprise d’obtenir une médaille représentative de sa maturité RSE : Bronze, Silver, Gold, Platinum
Au-delà de la labellisation, ECOVADIS peut aider l’entreprise à concevoir son programme d’amélioration RSE au travers d’un plan d’actions guidé par sa propre évaluation.
Pour les prestataires, sous-traitants ou fournisseurs, la labellisation ECOVADIS permet d’éviter la multiplication des questionnaires RSE en partageant auprès de ses donneurs d’ordre son évaluation ECOVADIS.
Voir le site officiel d’ECOVADIS : ECOVADIS
Et parce qu’ECOVADIS n’est pas le seul label reconnu, voici quelques liens vers d'autres labels (sélection non exhaustive) :
Cliquez sur les logos pour atteindre la page d'accueil de chaque label.
Plusieurs de ces labels ont lancé une initiative commune « Impact score » qui vous permet d’évaluer votre positionnement RSE à partir de 20 principes d’actions articulés autour de 5 thèmes :
- Impact social
- Impact écologique
- Partage du pouvoir
- Partage de la valeur
- Stratégie à impact


Plus orienté à l’international, on peut également citer le label SBTI, né en 2015 de la collaboration entre plusieurs institutions : le Carbon Disclosure Project (CDP), le Global Compact des Nations Unies (UNGC), le World Ressource Institute (WRI) et le World Wide Fund for Nature (WWF).
Objectif premier pour les entreprises adhérentes au projet SBTI : Répondre aux objectifs fixés par la COP21.
Lancer une démarche RSE
Comme tout projet d’envergure, la démarche RSE devra :
- être sponsorisée par la Direction de l’entreprise,
- débuter par une réunion de cadrage,
- se voir doter d’un organe de gouvernance,
- être accompagnée de sensibilisations et formations au sujet,
- identifier de façon claire et formelle les enjeux.
Diagnostic
Et comme toute démarche structurante, la démarche RSE débute par un diagnostic. Ce diagnostic va permettre de faire l’inventaire des pratiques déjà existantes dans l’entreprise de façon « naturelle » et historique. Cette analyse se base sur la collecte de données internes (indicateurs RH, environnementaux, etc.), des entretiens ou questionnaires auprès des parties prenantes, et l’examen de la conformité avec les labels et référentiels existants.
Maturité
Le diagnostic permet de déterminer le niveau de maturité de l’entreprise sur chaque pilier de la RSE, de cartographier les parties prenantes et d’identifier les points forts et axes d’amélioration. À partir de cet état des lieux, il devient possible de hiérarchiser les enjeux et de définir un ordre de priorité pour les actions à mener.
Voir l’article sur la matrice de matérialité : Bientôt !
Plan d'actions
Il doit être réaliste, adapté à la taille et aux ambitions de l’entreprise, et intégrer des indicateurs de suivi pour mesurer les progrès réalisés.
Pour être efficace, l’avancement du plan d’actions devra être suivi régulièrement afin d’ajuster la démarche en fonction des résultats obtenus.
N’oubliez pas de communiquer en interne et en externe sur les progrès accomplis !
Analyse environnementale
L’analyse environnementale constitue le point de départ de toute stratégie de réduction de l’empreinte écologique de l’entreprise dans le cadre de sa démarche RSE.
Elle vise à identifier, évaluer et hiérarchiser les impacts des activités, produits ou services de l’entreprise sur l’environnement. Il s’agit de dresser un état des lieux complet des interactions de l’entreprise avec l’environnement : consommation de ressources naturelles (eau, énergie, matières premières), émissions polluantes (dans l’air, l’eau, le sol), production de déchets, nuisances sonores ou olfactives. A un 2nd niveau, l’entreprise peut également intégrer les impacts indirects liés à ses fournisseurs ou sous-traitants.

Bilan carbone et bilan gaz à effet de serre

Le bilan carbone est un outil central de la démarche RSE qui permet à l’entreprise de mesurer l’ensemble de ses émissions de gaz à effet de serre (GES), qu’elles soient directes ou indirectes, issues de ses activités, de ses achats, de ses déplacements, ou encore de sa consommation d’énergie.
L’évaluation, exprimée en tonnes équivalent CO₂, repose sur une méthodologie standardisée développée par l’ADEME, connue sous le terme de « bilan carbone », et vise à identifier les principales sources d’émissions afin de mettre en place des actions de réduction adaptées. Le « bilan gaz à effet de serre » (bilan GES) est le terme réglementaire désignant ce même inventaire des émissions, rendu obligatoire pour certaines entreprises en France. Il s’appuie sur la même logique : recenser, quantifier et analyser les émissions de GES selon trois catégories (scopes) principales.
Rapport annuel RSE

Une fois engagée dans la démarche, l’entreprise pourra faire paraitre chaque année son rapport annuel qui présentera, de façon structurée et transparente, les engagements, actions et résultats.
Le rapport annuel RSE s’adresse à l’ensemble des parties prenantes : collaborateurs, clients, investisseurs, fournisseurs, pouvoirs publics, etc.
Tous ces sujets font l’objet d’articles détaillés, de guides de mise en œuvre et d’outils que vous trouverez dans la section « RSE » du blog de ce site.






