L’analyse environnementale consiste en un examen systématique des activités, produits et services d’une organisation pour identifier leur impact sur l’environnement.
L’analyse environnementale n’est que la première pierre d’une démarche environnementale aboutie. Mais elle est essentielle pour poser les bases solides d’un SME en construction. Lancer son analyse environnementale, c’est prouver l’envie de l’entreprise de s’engager durablement et de s’améliorer continuellement. Elle s’inscrit tout naturellement dans la stratégie RSE de l’entreprise.
Une illustration simple pourrait être la suivante : une activité engendre un Aspect Environnemental qui cause un Impact Environnemental du fait du changement qu'il entraîne sur l'environnement.

1ère étape de l’analyse environnementale : identification des aspects environnementaux
Définition : Eléments des activités, produits et services d'une organisation qui peuvent interagir avec l'environnement.

Préalablement à cette étape, l’entreprise doit maîtriser l’inventaire de ses activités afin d’identifier celles qui peuvent avoir un impact sur l'environnement. On pense généralement à ce que produit l’entreprise, mais il ne faut pas négliger les flux périphériques à la production, en entrée comme en sortie, tels que les achats, le stockage, le transport, etc.
Le questionnement ci-après permet de n’exclure aucun aspect de l’analyse.
- De quoi l’entreprise a-t-elle besoin pour réaliser ses activités ?
- Matières premières
- Energie
- Ressources naturelles
- …
- Comment les activités de l’entreprise sont-elles organisées ?
- Implantation géographique
- Process de fabrication
- Stockage
- Transport
- …
- Qu’est-ce que l’entreprise produit ?
- Produits manufacturés
- Services
- Déchets générés
- Rejets dans l’air et dans l’eau
- Emissions atmosphériques
- Bruits, vibrations
- …
Pour mener à bien ce questionnement, les méthodes traditionnelles que sont le SWOT ou le PESTEL sont utilisées.
Exemples d’éléments d’un SWOT adaptés à l’analyse environnementale

- Forces : SME solide, certifié, reconnu. Utilisation de technologies propres. Dimension environnementale dominante dans la politique d’achats.
- Faiblesses : Processus énergivores. Production génératrice de rejets. Gestion des déchets limitée aux obligations réglementaires. Clientèle géographiquement éloignée.
- Opportunités : Devancer les réglementations en cours d’élaboration. Se positionner sur des marchés précurseurs en matière de produits éco-conçus.
- Menaces : Evolution climatique. Concurrence d’entreprises à impact ou à mission.
Exemples d’éléments d’un PESTEL adaptés à l’analyse environnementale

- Politique : Evolution des politiques de transition écologique du pays de fabrication et/ou des pays des clients.
- Économique : Evolution du prix des matières premières. Incitations fiscales en faveur d’une production propre.
- Social : Demande de plus en plus prégnante des consommateurs en matière de durabilité. Hostilité des riverains quant aux activités polluantes.
- Technologique : Performance des technologies de capture et stockage du carbone. Disponibilité d’énergies vertes.
- Environnemental : Impacts du changement climatique sur la production.
- Légal : Renforcement des réglementations environnementales.
2ème étape de l’analyse environnementale : Détermination des impacts environnementaux
Définition : Changements (favorables ou défavorables) de l'environnement qui résultent entièrement ou partiellement des aspects environnementaux.
Pour chaque aspect environnemental identifié, il s’agit d’analyser l’impact qu’il génère sur l’environnement.
Doivent être pris en compte dans cette phase :
- Fréquence et gravité
- Coûts associés
- Impact d’image
- Conformité réglementaire
- Attentes des parties prenantes
Ces différents critères s’alimentent les uns les autres : Ainsi, une non-conformité réglementaire génère des coûts, les attentes des parties prenantes non prises en compte génèrent une atteinte à l’image de l’entreprise qui elle-même génère des coûts (perte de CA), etc.
Consulter la version PC pour un tableau d'exemples Aspect / Impact.
Quelques exemples de liens Aspect / Impact
Elément
Aspects environnementaux
Impacts environnementaux
Air
Type de peintures des locaux et/ou des produits manufacturés
Chauffage des locaux
Rejets dans l’atmosphère
Impact sur la santé
Effet de serre
Qualité de l’air impactée
Eau
Niveau de consommation (y compris pertes dues à des fuites non maîtrisées)
Rejets du process de fabrication
Epuisement de la ressource
Pollution des eaux
Energie
Consommation d’électricité non renouvelable
Consommation de gaz
Consommation de charbon
Diminution des ressources
Bruit
Bruit généré pour les riverains des installations et pour les collaborateurs
Impact sur la santé des collaborateurs
Nuisance pour le voisinage
Déchets
De quel type ?
Stockage
Elimination
Pollution
Impact sur la santé
Paysage
Implantation géographique / physique
Pollution visuelle ou sonore
Augmentation de trafic routier
3ème étape de l’analyse environnementale : Cotation des impacts environnementaux
La quantification de chaque impact amène à définir les AES « Aspects Environnementaux Significatifs ». Ce sont sur eux que l’entreprise va s’efforcer d’agir en premier lieu pour diminuer son impact environnemental.
La cotation des impacts peut se baser sur une méthode très classique : F x G / M
Où F = Fréquence, G = Gravité, M = Maîtrise

Voici quelques exemples de cotation de fréquence et de gravité. Ces critères sont bien sûr à adapter à chaque contexte d’entreprise et/ou type d’activité :
Fréquence

- Se produit au moins une fois par trimestre
- Se produit au moins une fois par mois
- Se produit au moins une fois par semaine
- Se produit au moins une fois par jour
Autre cotation de fréquence :
- Extrêmement peu probable : technologiquement possible, mais non survenu au niveau mondial sur un très grand nombre d’installations actives
- Improbable : un évènement similaire déjà survenu sur une installation analogue au niveau mondial
- Probable : s’est produit et/ou peut se produire de façon récurrente
- Courant : s’est déjà produit et peut se reproduire de façon habituelle dans le process
Gravité
La gravité quant à elle doit s’apprécier selon différentes grilles, fonction de la cible de l’impact : humain ou milieu.

Gravité (appliquée aux personnes) (*)(**)
- Moins de 10 personnes exposées
- De 10 à 100 personnes exposées
- De 101 à 1000 personnes exposées
- Plus de 1000 personnes exposées
Gravité (appliquée au milieu)
- Effet très limité dans le temps (< 1 an)
- Effet à moyen terme (1 à 10 ans)
- Effet à long terme (> 10 ans)
- Effets irréversibles
(*) Collaborateurs de l’entreprise, riverains, …
(**) Selon que l’effet comporte une dimension létale ou pas, les seuils sont à adapter. Par exemple, sans effet létal, le niveau 4 à « Plus de 1000 personnes exposées » est acceptable ; si l’impact comporte un effet létal, le niveau 4 devra être abaissé à (par exemple) « Plus de 10 personnes exposées », les niveaux inférieurs étant adaptés en conséquence.
A noter que certaines analyses environnementales ajoutent un critère de sensibilité du milieu : la sensibilité, ce sont les caractéristiques du milieu environnant (présence de riverains, cours d'eau, espèces protégées (faune, flore), etc) susceptibles d’être affectées par l’aspect étudié. Plus le milieu est fragile (ou sensible, ou vulnérable) vis-à-vis d’un aspect et plus l’impact risque d’être significatif.
Maîtrise
La maîtrise repose sur des éléments techniques ou organisationnels, des comportements et des compétences.

- Aucun dispositif ou processus permettant de limiter l'impact n'a été mis en place. Mesures uniquement en réaction à l’événement : appel secours, équipe formée, etc
- Quelques dispositions de prévention et/ou de surveillance sont connues et appliquées. Il existe des moyens passifs : cloison coupe-feu, kits de dépollution, etc
- La majorité des dispositions de prévention et/ou de surveillance sont connues et appliquées. Il existe des mesures automatiques : détecteurs de fuite, systèmes d’arrêt d’urgence, sprinklage, dispositif de confinement automatique, etc
- L'ensemble des dispositions de prévention et/ou de surveillance sont connues et appliquées
Voir une proposition de modèle de tableau d'analyse (Excel).
4ème étape de l'analyse environnementale : Etablir la politique environnementale de l’entreprise
Définition : Aspirations et orientations d'une entreprise en matière de performance environnementale.

La politique environnementale doit viser à améliorer les AES.
Globalement, la politique environnementale va s’efforcer de décrire :
- L’impact environnemental de ses activités, produits ou service,
- Son engagement à respecter ses obligations légales en la matière,
- Sa volonté d’amélioration continue,
- Les objectifs environnementaux auxquels elle s’engage en vue de protéger l’environnement
En 1er lieu, l’entreprise doit déterminer le seuil qu’elle considère comme significatif pour ses aspects environnementaux. C’est la grille de cotation établie à l’étape précédente qui va guider cette détermination.
5ème étape de l’analyse environnementale : Définition des objectifs environnementaux
Définition : Un objectif environnemental vise à améliorer les performances environnementales d'une entreprise, conformément à la politique environnementale.

Comme dans toute démarche d’amélioration continue, les objectifs sont là pour soutenir la politique définie. Ils doivent être mesurables, atteignables, définis dans le temps.
Quelques exemples d'objectifs environnementaux, facilement adaptables à tous types d’activité :
- Réduire de xx% de la consommation d’électricité,
- Introduire au moins xx% d’électricité verte dans le process,
- Utiliser xx% d’eau recyclée issue du process,
- Réduire de xx% du volume des déchets produits,
- Limiter à X tonnes / an des rebuts de production
- Atteindre xx% de déchets recyclés/revalorisés
- Réduire de xx% des gaz à effet de serre (GES),
- Atteindre XX M€ d’achats durables,
- Réduire de xx% la part des achats hors UE
- Utiliser xx% d’emballage recyclable,
- Réduire de xx% du « vide » transporté,
- Réduire de xx% du nombre de véhicules de transports,
- Réduire de xx% le stockage numérique,
- Diminuer de xx les émissions liées aux déplacements professionnels,
- Réduire l’usage du papier de xx%,
- Sélectionner et mettre en œuvre chaque année XX propositions émises par les collaborateurs,
- Former xx% des collaborateurs aux éco gestes et enjeux climatiques
Ces objectifs doivent être suivis au moyen d’indicateurs pertinents.

Une fois la première vague d’objectifs atteints, l’entreprise revoit la cotation de ses impacts environnementaux et définit un nouveau seuil d’AES. Elle y associe de nouveaux objectifs à atteindre.

Aller vers la certification ISO 14001
La certification ISO14001 est de plus en plus plébiscitée, y compris par les consommateurs qui ont peu à peu développé une conscience de l’impact de leurs achats (produits et services) sur l’environnement. Elle améliore l’image et la réputation de l’entreprise.
La certification ISO 14001 procure à l’entreprise un cadre structuré permettant une meilleure utilisation des ressources et une plus grande prise en compte de l’environnement dans sa gestion quotidienne. Elle aide par ailleurs l’entreprise à se conformer à ses obligations réglementaires en termes d’environnement, lui épargnant ainsi des sanctions potentielles.
En interne, la certification ISO 14001 est un vecteur d’amélioration continue, entrainant les collaborateurs dans une démarche vertueuse d’économie (ressources, matières, …). La marque employeur, très importante aujourd’hui dans le processus de recherche des meilleurs candidats, est également mise en avant.
Les exigences clés de la norme ISO 14001 incluent, à l’instar des autres normes de l’ISO (9001, 45001), la compréhension du contexte de l’organisation, le leadership et l’engagement de la direction, la planification, le support, les opérations, l’évaluation des performances et l’amélioration continue.
Les étapes de la certification ISO 14001 sont identiques à celles d’une autre certification : Engagement de la Direction. Evaluation initiale. Formation et sensibilisation. Mise en place du SME. Audit interne. Revue de direction. Audit de certification. Surveillance et renouvellement.
Ressources
De nombreuses aides sont proposées par le Ministère de la Transition écologique aux entreprises pour enclencher leur démarche environnementale proposées : Projets écologiques en entreprise – Exemples et opportunités
L'ADEME met également à la disposition des entreprises des aides, des supports de sensibilisation, etc.

