En complément du guide méthodologique sur la méthode AMDEC, voici quelques exemples (simplifiés) d'application.

Exemple n°1 : Vélo

Exemple vélo

L’analyse fonctionnelle identifie les sous-ensembles suivants et leurs fonctions :

    • Cadre : Maintenir l’assemblage de l’ensemble
    • Roues : Assurer le déplacement grâce au mouvement rotatif
    • Pédalier : Utiliser l’énergie musculaire
    • Guidon : Assurer la direction
    • Freins : Ralentir. Arrêter le vélo
    • Chaîne : Assurer la transmission du mouvement
    • Eclairage : Voir et être vu
    • Sonnette : Avertir de la présence

Zoomons sur le sous-ensemble « Roue ».

Il est constitué des éléments suivants :

    • Jante
    • Rayons
    • Axe
    • Roulement
    • Chambre à air
    • Pneu

Intéressons-nous aux défaillances potentielles de la jante :

    • Voilée
    • Déformée
    • Cassée
    • Oxydée

Recherchons les effets potentiels des défaillances :

    • Voilée :  le voilage est une conséquence de la déformation des rayons. C’est donc sur les rayons qu’il faut traiter ce problème (cause racine)
    • Déformée : immobilisation du vélo
    • Cassée : chute du cycliste
    • Oxydée : diminution de l’efficacité du freinage

Cotons maintenant nos défaillances (les cotations sont 1 – 4 – 7 – 10 sur chaque critère) :

Effet

Gravité

Fréquence

Détectabilité

Indice de criticité

Oxydation

7

4

1

28

Déformation

7

7

4

196

Cassure

10

1

10

100

Effet constaté : Oxydation

Gravité : 7

Fréquence : 4

Détectabilité : 1

Indice de criticité : 28

 

Effet constaté : Déformation

Gravité : 7

Fréquence : 7

Détectabilité : 4

Indice de criticité : 196

 

Effet constaté : Cassure

Gravité : 10

Fréquence : 1

Détectabilité : 10

Indice de criticité : 100

Conclusion : le point le plus critique à surveiller est la déformation, suivie par la cassure. C’est donc sur ces défaillances que l’entreprise va travailler en premier, par exemple en lançant des études relatives aux matériaux employés afin de diminuer les risques de déformation et de cassure. L’oxydation, moins critique, ne sera sans doute pas à l’ordre du jour des actions les plus urgentes.

Nouvelle évaluation après choix d’actions préventives (il s’agit là d’une évaluation prospective). La gravité ne change pas, les actions agissent sur la fréquence qu’il y a lieu de diminuer et la détectabilité qu’il y a lieu d’améliorer.

Effet

Gravité

Fréquence

Détectabilité

Indice de criticité

Oxydation

7

1

1

7

Déformation

7

4

1

28

Cassure

10

1

4

40

Effet constaté : Oxydation

Gravité : 7

Fréquence : 1

Détectabilité : 1

Indice de criticité : 7

 

Effet constaté : Déformation

Gravité : 7

Fréquence : 4

Détectabilité : 1

Indice de criticité : 28

 

Effet constaté : Cassure

Gravité : 10

Fréquence : 1

Détectabilité : 4

Indice de criticité : 40

Exemple n°2 : Processus industriel de fabrication d’un filtre à air

Exemple chaîne de fabrication

L’analyse fonctionnelle nous amène à une décomposition comprenant 27 étapes.

Hypothèse : l’AMDEC des étapes 1 à 9 a déjà été réalisée et ces étapes sont réputées conformes. Il est donc décidé de lancer l’AMDEC sur l’étape 10 du processus « Soudure par 6 points d’un tube « C » et d’un tube « A » sur un coude « B ».

Schéma Exemple2

A l’issue de la recherche des défaillances, de leurs causes et de leurs effets, voici les conclusions du groupe de travail :

Défaillance

Causes

Effets

Non-respect instruction écrite

- Manque de vigilance opérateur
- Fiche d’instruction mal définie

Mauvaise position des pièces soudées

Mauvais positionnement des points de soudure

Mauvaise présentation des pièces sur la machine

Désassemblage des tubes

Mauvais positionnement des pièces sur la machine

- Inattention opérateur, distraction opérateur
- Fiche d’instruction mal définie

Difficulté pour le poste aval de la chaîne de fabrication

Non tenue des points

Machine mal réglée, outillage mal adapté

Désassemblage des tubes

Défaillance : Non-respect instruction écrite

Causes : Manque de vigilance opérateur / Fiche d’instruction mal définie

Effets : Mauvaise position des pièces soudées

 

Défaillance : Mauvais positionnement des points de soudure

Causes : Mauvaise présentation des pièces sur la machine

Effets : Désassemblage des tubes

 

Défaillance : Mauvais positionnement des pièces sur la machine

Causes : Inattention opérateur, distraction opérateur / Fiche d’instruction mal définie

Effets : Difficulté pour le poste aval de la chaîne de fabrication

 

Défaillance : Non tenue des points

Causes : Machine mal réglée, outillage mal adapté

Effets : Désassemblage des tubes

Cotation des défaillances (les cotations sont 1 – 4 – 7 – 10 sur chaque critère) :

Défaillance

Gravité

Fréquence

Détectabilité

Indice de criticité

Non-respect des instructions

10

1

4

40

Mauvaise position des points de soudure

7

4

10

280

Non tenue des points

10

1

4

40

Mauvais positionnement des pièces

7

4

4

112

Défaillance : Non-respect des instructions

Gravité : 10

Fréquence : 1

Détectabilité : 4

Indice de criticité : 40

 

Défaillance : Mauvaise position des points de soudure

Gravité : 7

Fréquence : 4

Détectabilité : 10

Indice de criticité : 280

 

Défaillance : Non tenue des points

Gravité : 10

Fréquence : 1

Détectabilité : 4

Indice de criticité : 40

 

Défaillance : Mauvais positionnement des pièces

Gravité : 7

Fréquence : 4

Détectabilité : 4

Indice de criticité : 112

L’objectif fixé au groupe est de travailler sur les indices de risques supérieurs à 50. Des actions vont donc être positionnées en regard des défaillances « Mauvaise position des points » et « Mauvais positionnement des pièces ».

Défaillance

Action(s)

Mauvaise position des points de soudure

- Meilleure définition dans la fiche d’instruction : Inclure un gabarit représentant la position des points
- Test de compétence à l’issue de la formation des opérateurs

Mauvais positionnement des pièces 

- Meilleure définition dans la fiche d’instruction : inclure un schéma de la ligne + position
- Installation de guides sur la ligne de fabrication facilitant la mise en position des pièces
- Test de compétence à l’issue de la formation des opérateurs

Défaillance : Mauvaise position des points de soudure

Actions :

  • Meilleure définition dans la fiche d’instruction : gabarit représentant la position des points
  • Test de compétence à l’issue de la formation des opérateurs

 

Défaillance : Mauvais positionnement des pièces

Actions :

  • Meilleure définition dans la fiche d’instruction : schéma de la ligne + position
  • Installation de guide sur la ligne de fabrication facilitant la mise en position des pièces
  • Test de compétence à l’issue de la formation des opérateurs

Nouvelle cotation théorique après mise en œuvre des actions : Grâce aux actions proposées par le groupe de travail, la détectabilité des 2 plus grosses défaillances a pu être améliorée.

Défaillance

Gravité

Fréquence

Détectabilité

Indice de criticité

Mauvaise position des points de soudure

7

4

4

112

Mauvais positionnement des pièces

7

4

1

28

Défaillance : Mauvaise position des points de soudure

Gravité : 7

Fréquence : 4

Détectabilité : 4

Indice de criticité : 112

 

Défaillance : Mauvais positionnement des pièces

Gravité : 7

Fréquence : 4

Détectabilité : 1

Indice de criticité : 28

Exemple n°3 : Réclamations clients

Exemple réclamations

Nous sommes ici dans du correctif … qui, rappelons-le, n’est pas le « cœur » d’action de l’AMDEC.

Voici la répartition des réclamations émises par les clients suite à leur contact avec le service client :

(1) Produit reçu non conforme à la commande

36 %

(2) Produit non fonctionnel

3 %

(3) Devis non conforme à la demande

24 %

(4) Devis mal adressé

1 %

(5) Non-respect des délais annoncés

14 %

(6) Non-prise en compte des personnalisations demandées

15 %

(7) Divers : emballage, documents, livraison, …

7 %

  1. 36% : Produit reçu non conforme à la commande
  2. 3% : Produit non fonctionnel
  3. 24% : Devis non conforme à la demande
  4. 1% : Devis mal adressé
  5. 14% : Non-respect des délais annoncés
  6. 15% : Non-prise en compte des personnalisations demandées
  7. 7% : Divers : emballage, documents, livraison, …

Activité de l’entreprise : Fabrication de produits spéciaux par combinaison d’un catalogue de 50 produits de base

Organisation :

Commerce

5

Administration des ventes

4

Fabrication

23

Qualité

2

Direction

1

  • Commerce : 5
  • Administration des ventes : 4
  • Fabrication : 23
  • Qualité : 2
  • Direction : 1

Le constat qui vient immédiatement à l’esprit à la vue des types de réclamations est un dysfonctionnement de la revue de contrat (réclamations 1. 3. 5. 6.).

Le PDG décide d’investiguer plus avant et constitue un groupe de travail chargé de réaliser l’AMDEC du processus « Gestion des demandes téléphoniques ».

Constitution du groupe :

    2

    Commerciaux

    1

    Assistant administratif

    1

    Responsable de fabrication

    1

    Technicien qualité

    1

    Consultant externe (animateur de la démarche)

    • 2 commerciaux
    • 1 assistant administratif
    • 1 responsable de fabrication
    • 1 consultant externe (Animateur de la démarche)
    • 1 technicien qualité

    En termes de dossier préalable, le PDG a transmis :

    Organigramme de l'entreprise

    Configuration physique des bureaux et ateliers (ADV, service commercial, fabrication, …)

    Descriptif du fonctionnement des demandes téléphoniques

    • L’organigramme de l’entreprise,
    • La configuration physique des bureaux et ateliers (ADV, service commercial, fabrication, …)
    • Un descriptif du fonctionnement des demandes téléphoniques

    Intéressons-nous à la 1ère étape de ce fonctionnement : Un client émet sa demande par téléphone auprès du service commercial qui rédige un rapport de son échange téléphonique.

    Voilà les travaux du groupe de travail :

    Défaillance possible : Mauvaise transcription de l’échange

    Effets possibles :

    1. Produit reçu non conforme à la commande

    3. Devis non conforme à la demande

    4. Devis mal adressé

    6. Non-prise en compte des personnalisations demandées

    Causes potentielles :

    • Support de rapport inadapté
    • Absence d’un processus connu et validé pour la prise de demande
    • Qualité de la ligne téléphonique
    • Bruit ambiant
    • Indisponibilité du personnel
    • Catalogue client différent du catalogue commercial
    • Langue (% CA important avec l’Allemagne)
    • Remèdes à envisager :
    • Postes téléphoniques équipés de casques individuels
    • Isolation phonique des bureaux
    • Formation/Validation des compétences en allemand

    Au vu des investissements à envisager, les actions proposées seront mises en oeuvre l’une après l’autre et le groupe de travail surveillera de résultat de chacune d’entre elle avant d’entreprendre la suivante.

    Exemple n°4 : Priorisation documentation

    Exemple documentation

    Pour finir, prenons un exemple démontrant que l’AMDEC peut s’adapter à de nombreuses situations.

    Contexte : Un prestataire de services vient de remporter un contrat important de conditionnement / expéditions de marchandises manufacturées pour le compte d’un industriel. Le prestataire doit établir la documentation liée aux activités que lui confie l’industriel. L’établissement de cette documentation est un travail de longue haleine et le prestataire veut prioriser l’ordre de rédaction en fonction des risques que chaque activité peut générer.

    Il va utiliser la méthode AMDEC de la façon suivante :

    1. Lister tous les processus opérationnels objets du contrat.

    Pour cela, il utilisera les données à sa disposition dans le cahier des charges, dans l’offre, dans le contrat, ou encore par observation terrain

    2. Pour chaque processus, détailler les étapes majeures du processus

    3. Pour chaque étape, réfléchir aux non-conformités potentielles

    Pour cela, le prestataire va s’aider de l’historique connu du site (que le client pourra lui communiquer) et interviewer les équipes jusqu’alors en charge des opérations.

    4. Pour chaque non-conformité, coter :

      • La gravité potentielle
      • L’occurrence probable
      • La détectabilité

    Ici, le prestataire identifie que la détectabilité d’une non-conformité potentielle réside principalement dans la capacité de l’équipe en charge des opérations. C’est donc un critère de polyvalence de l’équipe qui va permettre de coter cet aspect.

    Une fois ce travail préparatoire mené à bien, le prestataire pourra plus sereinement débuter la rédaction de sa documentation, en commençant par rédiger les instructions sur les opérations les plus critiques.

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